À la tête de la province du Haut-Katanga,
le gouverneur intérimaire Martin Kazembe Shula impose un style de gouvernance
mêlant rigueur financière et dynamisme de terrain. Aligné sur la vision du
président Félix Tshisekedi, l'exécutif provincial achève sa première année de
gestion en affichant un bilan axé sur la métamorphose urbaine et l'augmentation
des capacités budgétaires. Cependant, face à la persistance de l'insécurité,
aux défis sociaux criants et aux impératifs d'une transition politique
complexe, l'équilibre reste fragile pour le premier poumon économique de la
République démocratique du Congo.
Le leadership politique : l'affirmation
d'une gouvernance de proximité et d'alignement
Martin Kazembe Shula a su imposer son autorité
en adoptant une approche managériale de terrain, rompant avec la distance
administrative traditionnelle pour s'assurer personnellement de l'exécution des
chantiers. Son style politique privilégie l'inspection directe et les descentes
régulières sur les sites clés afin d'aligner les équipes techniques sur un
rythme de travail accéléré. Ce pragmatisme se double d'une communication fluide
et directe, comme en témoignent ses rencontres périodiques avec les
professionnels des médias pour rendre compte publiquement des deniers publics
engagés.
Sur le plan stratégique, le chef de l'exécutif
provincial incarne le relais loyal de la vision nationale impulsée depuis
Kinshasa. Qu'il s'agisse de la concrétisation locale de la Couverture santé
universelle ou des réformes institutionnelles, son action s'inscrit en parfaite
harmonie avec les priorités du pouvoir central. Il s'est ainsi positionné comme
un pilier politique majeur dans la région, orchestrant de grandes mobilisations
citoyennes et politiques à Lubumbashi. Cette posture renforce la cohésion entre
la province et les institutions nationales.
Ce leadership repose également sur une
restructuration des dynamiques internes au sein de l'appareil provincial pour
casser les circuits de complaisance. En instaurant une culture du résultat au
sein des ministères sectoriels, le gouverneur a réussi à remobiliser
l'administration publique locale. Sa méthode allie fermeté institutionnelle et
sens de l'écoute, ce qui lui permet de désamorcer les tensions politiques
inhérentes à un mandat intérimaire. Il s'impose désormais comme le garant de la
stabilité politique et de la continuité de l'État dans une province
traditionnellement agitée.
Un bilan sectoriel ancré dans la
transformation visible et l'essor budgétaire
Le premier volet du bilan de Martin Kazembe
Shula repose sur une relance historique des infrastructures routières et de
franchissement. La matérialisation des ponts Kasungami et Biayi, couplée à la
modernisation des principales artères de Lubumbashi, témoigne d'une volonté de
désenclaver les zones économiques. De plus, le suivi rigoureux des chantiers
majeurs, comme la construction du nouvel amphithéâtre de l'UNILU ou le Palais
de justice, dote la province d'édifices modernes. Ces réalisations redessinent
progressivement le paysage urbain et renforcent les capacités
institutionnelles.
Sur le plan de l'optimisation financière, le
gouvernement provincial a enregistré des performances notables en sécurisant
l'approvisionnement des imprimés de valeur. Cette réforme administrative a
permis de traquer les coulages de recettes et d'optimiser la perception des
taxes locales au bénéfice de la caisse de l'État. Grâce à cette rigueur
budgétaire, le Haut-Katanga a vu ses capacités financières s'accroître de
manière significative. Le budget provincial de l'exercice 2026 affiche une
hausse nette, offrant des marges de manœuvre inédites pour les investissements
publics.
Dans les secteurs sociaux de la santé et du
développement frontalier, l'action de l'exécutif s'est concrétisée par des
projets d'envergure. Des hôpitaux généraux de référence sortent de terre à
Pweto, Kasenga et Lubumbashi pour matérialiser l'accès gratuit aux soins de
santé de base. Parallèlement, l'ouverture et l'opérationnalisation du poste
frontalier de Lonshi à Sakania dynamisent le commerce transfrontalier avec les
pays voisins. Enfin, des canaux navals ont été aménagés pour relancer
durablement le secteur de la pêche et soutenir l'autonomie alimentaire locale.
Les difficultés économiques : le poids des
dettes et la paralysie des paiements
La principale difficulté économique réside
dans la gestion d'un héritage financier lourd, marqué par d'importants
engagements contractés auprès de tiers sous les gestions précédentes. Ces
dettes massives pesaient lourdement sur la trésorerie de la province, menaçant
d'asphyxier les services publics et d'interrompre les chantiers en cours. Face
à ce péril, Martin Kazembe Shula a dû prendre des mesures d'austérité drastiques
pour éviter la faillite technique de l'entité provinciale.
Pour assainir la situation, le gouverneur a
pris la décision radicale de suspendre tous les paiements au niveau provincial
jusqu'à nouvel ordre. Cet arbitrage budgétaire brutal, bien que nécessaire pour
maîtriser les dépenses publiques, a ralenti temporairement les relations
économiques avec les fournisseurs locaux. Les ministères provinciaux et le
secrétariat exécutif ont été soumis à un régime de vaches maigres, limitant les
dépenses aux stricts impératifs de souveraineté.
Cette période de gel financier a mis en
lumière la fragilité d'une économie provinciale ultra-dépendante des
fluctuations minières et des circuits bancaires. Le management a dû négocier de
nouveaux moratoires avec les créanciers tout en maintenant une pression fiscale
constante sur les opérateurs économiques. Trouver le juste équilibre entre
l'apurement des dettes passées et le financement des projets d'avenir reste un
exercice de haute voltige qui complique la gestion quotidienne de l'espace
katangais.
Les défis sécuritaires et sociaux :
insécurité urbaine et détresse de la jeunesse
La persistance de l'insécurité dans les grands
centres urbains, particulièrement à Lubumbashi, constitue un défi de premier
ordre pour l'exécutif provincial. Pour y faire face, le gouvernement a doté la
Police nationale congolaise de véhicules neufs et de moyens logistiques accrus.
Malgré ce renforcement de la mobilité des forces de l'ordre, la criminalité
urbaine et les actes d'incivisme exigent une vigilance de tous les instants
pour rassurer les opérateurs économiques et les citoyens.
Sur le plan social, le phénomène des enfants
en situation de rue représente une urgence humanitaire et sécuritaire que la
province tente de juguler. Martin Kazembe Shula a initié un vaste projet
d'encadrement axé sur le centre de Lukuni pour offrir une prise en charge
holistique à cette jeunesse vulnérable. L'objectif final reste leur réinsertion
sociale et professionnelle afin de les extirper des réseaux de délinquance urbaine.
Toutefois, l'afflux permanent de nouveaux mineurs vers les villes sature
rapidement les structures d'accueil existantes.
À cette problématique s'ajoute le défi majeur
de la modernisation des infrastructures marchandes, à l'instar du grand marché
Mzee, qui nécessite une réorganisation profonde pour désengorger le
centre-ville. De plus, la gestion humanitaire des flux migratoires pèse sur les
ressources de la province. Les récentes résolutions tripartites avec la
Tanzanie et le HCR pour faciliter le retour volontaire de près de 68 000
réfugiés congolais exigent une logistique d'accueil irréprochable pour réussir
leur intégration communautaire.
Les perspectives d'avenir : vers un pôle
industriel intégré et numérisé
L'avenir du Haut-Katanga sous l'impulsion de
cette gouvernance s'articule autour de la numérisation complète des services
générateurs de recettes. L'exécutif ambitionne de dématérialiser l'ensemble des
procédures fiscales aux frontières et dans les centres de perception urbains
pour éradiquer définitivement la fraude. Cette transition technologique
permettra non seulement de sécuriser les flux financiers, mais aussi d'offrir
une transparence totale indispensable pour attirer les investissements directs
étrangers.
Sur le plan industriel, les perspectives
intègrent la création de zones économiques spéciales pour transformer
localement les produits miniers et agricoles avant leur exportation. Le
gouvernement provincial prévoit de s'appuyer sur la dynamisation des postes
frontaliers modernes, comme celui de Lonshi, pour positionner la province en
plaque tournante du commerce entre l'Afrique australe et le reste de la RDC.
Cette diversification économique vise à réduire la vulnérabilité du
Haut-Katanga face aux chocs extérieurs sur le marché des métaux.
Enfin, le renforcement du capital humain
demeure la clé de voûte des projections futures de l'autorité provinciale.
L'achèvement des infrastructures universitaires et judiciaires pose les bases
d'une société plus équitable, régie par un État de droit fort et portée par une
jeunesse qualifiée. En pérennisant les programmes sociaux d'encadrement et en
étendant la couverture santé universelle à tous les territoires, l'exécutif
trace la voie d'une croissance inclusive où les richesses du sous-sol profitent
enfin au bien-être de chaque Katangais.
LSM

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